Voici 3 textes de Patrick Scheyder qui serviront au livre de Cultures aux Jardins

Publié le par Cultures aux jardins

Le Jardinier, un artiste comme les autres

 

 

L’Art des Jardins reste pour le grand public un art méconnu car on y parle très volontiers d’art mais beaucoup moins de ses artistes. Pour beaucoup l’art des jardins se résume à des exemples prestigieux, Versailles par exemple, et à quelques paysagistes très doués.

Cette vogue actuelle des jardins ne fait que peu progresser la connaissance et la reconnaissance des artistes du jardin : les jardiniers.

Pris entre le simple prestataire de service et la majesté des réalisatiosn paysagères, la réalité du métier de jardinier est occultée, mais cela n’est pas sans cause dans la logique des activités référencées artistiques.

L’artiste est censé se situer dans la conception, un conceptuel qui trouve sa liberté dans la libre évolution des idées avec un matériau relativement abstrait, son, couleur,dessin, etc. Il peut même créer, inventer son propre matériau, le détourner, gagner une sorte d’indépendance sur la matière. Sons, couleurs, formes sont des matières jugées « nobles » et notre art pétri de réflexions de salon a beaucoup de mal à intégrer la terre, le terrestre dans son champ naturel d’action.

 

Le travail de la terre reste dévalué comme étant un matériau premier, fruste, salissant ; ce qui gêne dans la terre c’est probablement que tout en vient et tout y retourne ; c’est cette puissance de vie autonome et qui se débrouille aussi très bien sans l’homme qui en éloigne beaucoup. L’art des jardins est bien l’art de la terre et des créatures premières qui s’en nourrissent, les végétaux ; l’art des jardins est aussi le seul art à créer avec du matériau vivant, évolutif, et à composer en permanence avec les forces terrestres ; il est en ce sens un art premier et un art dernier.

Toute réalisation artistique comprend une part technique et une part de création, que ce soit l’entraînement physique du pianiste à ses gammes, la préparation des couleurs, les paramètres numériques dans l’art graphique. Pour autant on ne taxera pas le pianiste de gymnaste digital pour son aspect entraînement et l’on ne retiendra que son résultat esthétique. Le Jardinier est un artiste comme les autres, à l’égal de ses confrères musiciens, littérateurs et autres, il est lui aussi sujet à des contraintes techniques et à des inspirations.

Peut-être sa modestie naturelle, ajoutée à un cursus technique ou autodidacte ne l’a –t-elle pas suffisamment signalé aux amateurs d’art ? Cette singularité absolument unique de faire de l’art avec de la vie et l’immersion totale de son art dans la vie quotidienne de la cité font que le public ne sait pas quoi penser de cet art.

 

Notre éducation nous a habitués à considérer l’art comme une manifestation à part du cycle des préoccupations courantes ; il se produit dans une salle, dans des endroits faits pour cela. L’art a besoin de protection, d’être monialisé, isolé, interrompu de la vie, presque extourné du vivant pour en donner une représentation originale. Mais précisément, l’art des jardins composant exclusivement avec le vivant, il n’est pas du tout question qu’il s’en sépare.
La conséquence est que le public entrant dans le parc n’a pas la conscience nette d’aborder aussi une œuvre d’art ; quand il pénètre dans le musée tout lui signifie « attention, œuvres d’art ! » mais venant au parc il s‘agit plutôt de délassement. Précisément, l’art des jardins est cet art qui associe le plaisir et le laisser aller physique à la notion artistique. C’est le seul art physique. Je m’étonne que personne ne revendique à ce jour les singularités fondatrices de l’art des jardins ; c’est pourtant en clarifiant ses bases et en les nommant précisément que la progression du métier de jardinier devient possible.

 

Le jardinier souffre d’un grand manque et d’un grand défaut de communication : le manque est le gentil mutisme dans lequel il se tient et le défaut tient à l’erreur que l’on répand sur ses réelles compétences, sur son statut dans la société. Ce statut va de la conservation de la vie, à sa prolifération, de l’alimentation du corps à celle de l’esprit et ni la peinture ni la musique ne peuvent se réclamer d‘être aussi essentielles et co-substantielles à la vie.

Il est bien juste que la Bible montre le jardin comme le terrain d’expérience primordial, lieu d’évolution et d’éducation, d’erreur comme de réussite ; lieu d’apprentissage mais aussi de plaisir, lieu protégé et protecteur, lieu magique et divin.

 

Dans l’affection, dans l’amour que le jardinier porte non seulement à sa terre mais à son lieu et aux événements naturels comme humains qui s’y produisent, la notion d‘engagement physique est essentielle. Le jardinier entretient une relation de corps à corps avec son jardin qui justifie une partie de l’amour qui le lie au lieu.

Dans ce labeur dur il trouve un plaisir physique qui lui apprend le coût porté à la vie et à sa perpétuation ; dans cet amour il y a l’échange entre ce que la terre lui apprend, ce que la terre lui donne et ce que le jardinier lui donne aussi. Le jardinier a une gratitude infinie pour ce que lui offre la terre et il lui rend cet amour dans la dépense qu’il y fait de son corps.

C’est un métier de chien, dur et magique par n’importe quel temps, mais c’est avant tout un métier d’échange ; cet engagement qui est la racine du métier de jardinier est à la fois bien réel dans le physique et dans la psychologie, corps et esprit associés. Le jardin ou la poésie du corps et la poésie de la terre : ce concept fait rentre l’art dans la corporalité, une poésie qui ne se nourrit pas seulement de la beauté du monde mais aussi de l’action dans ce monde.

 

Cette notion donne à l’engagement physique une valeur intrinsèquement élevée, elle rappelle la racine de la poésie qui se nourrit autant de l’expérience que de la méditation. On ne sait pas assez que le jardinier réfléchit sans cesse tout en travaillant le terrain mais aussi la nuit et pour ainsi dire à tout moment ; ça tourne, dit-il.

Il y a des pensées qui vont de la préoccupation immédiate du terrain à la prévision sur le moyen terme, au calcul des expériences qui vont permettre la création ; et dans cette création les probabilités qu’elle aboutisse comme prévu ou que la nature en fasse à sa tête et en modifie diamétralement les plans. C’est pourquoi le calcul du jardinier est à la fois empreint de modestie pour l’avenir supposé de sa création et rempli d‘ambition comme de confiance dans ses effets.

Le jardinier tente en permanence, il essaye de régir une société végétale qui veut bien lui accorder son énergie pour réaliser l’utopie de l’entente tacite entre l’homme et le végétal.

 

L’Art des Jardins connaît tout comme le théâtre ou la musique la notion d’interprétation ; le paysagiste livre un plan et le jardinier l’interprète. Beaucoup de parcs échappent à leur concepteur et l’interprétation qu’en donne le jardinier peut modifier profondément le sens de la création. Il est des parcs trop bien entretenus qui s’écartent du principe de liberté initié par le paysagiste et transgressent considérablement sa perception ; d’autres espaces vivent intensément dans l’interprétation du jardinier : il fait évoluer le vivant, organise et diversifie le concept, lui confère une vie sociale que le concepteur n’avait peut-être pas imaginée.

 

Reconnaître au jardinier le statut d’artiste c’est franchir ce tabou que l’on peut jouer avec la vie, que la vie est objet de jeu ; il est moins risqué philosophiquement et quand à la certitude du résultat de jouer avec du mort. La revalorisation des artistes du jardin passe par cette reconnaissance complète, à sa juste place, mais c’est une évolution importante que de reconnaître au technique autant de mérite que le conceptuel seul ; dans une Mairie c’ est passer du statut d’agent d’entretien à celui de professeur d’art. Ce n’est pas mince.

 

Le jardinier est rapidement investi de la santé des citoyens par son traitement de la terre, pression écologique oblige et c’est un des rares métiers qui dans son utilité sociale peut associer l’art à une vertu citoyenne. L’art des jardins est un art utile et nécessaire, représentant de la voix de la nature en ville, réserve d’inconnu, de créativité et d’invention ; il revalorise la notion d’effort en dehors de toute production industrielle : son résultat est le bien être dans une vertu à la fois esthétique et citoyenne, préservatrice de vie. Est-ce pour cette raison que dans des moments de crise et de révolte, les parcs sont les endroits les mieux préservés de la destruction ?

 

Dans les activités artistiques proposées dans un établissement d’enseignement on trouvera la musique, le dessin, la danse mais personne ne propose encore l’art des jardins.

Pourtant, partir dans un parc à la découverte tout à la fois des plantes et de leur vie, à la découverte du métier des artistes du jardin, tout en considérant l’esthétique du parc, sa conception, cela me semble une manière à la fois ludique, pratique, concrète et élevée de s’initier à l’art. L’art des jardins est un art de synthèse s’associant à de nombreuses sources de savoir tant botaniques que mathématiques, sociologiques, dans les sciences de la vie. Cette symbiose achevée fait certainement que les autres milieux artistiques, plus concentrés sur l’expression que sur la diversité de ses matériaux, ont une capacité réduite à concevoir l’importance et l’influence de cet art dans l’évolution de la civilisation.

Cet art a un avenir brillant ; il sera de plus en plus présent dans le besoin que l’homme a de retrouver le meilleur de la nature, c'est-à-dire de lui-même. C’est aussi un art qui entretient une conversation intime avec le savoir-faire de chacun d’entre nous ; autant l’architecture semble-t-elle échapper facilement à nos efforts, autant l’art des jardins semble par la modestie des ses sujets végétaux et leur relative plasticité un art à la portée de chacun.

Même s’il y a ici une bonne dose d’illusion, on peut penser que les jardins familiaux et les jardins partagés sont un laboratoire d’expérience populaire, divertissant et utile, qui entretient en miniature la passion du jardinage que chacun porte en soi.

 

 

Le Parc

 

Le parc est un des lieux les plus populaires qui soient dans la cité, lieu de rencontre, de passage, de rêverie, de promenade, lieu de l‘amour et de l’irruption du sauvage dans la ville.

Il n’est pas besoin d’être connaisseur pour jouir du parc et tout un chacun y passe un jour ou l’autre, ce qui n’est le cas ni de la salle de spectacle ni du stade.

Le parc est l’œuvre d’art la plus visitée, la fréquentation d’une œuvre vivante et pas seulement mobile ; on vit dans cette œuvre alors que nous vivons avec les autres arts. C’est une œuvre d’éducations sensuelle,une gourmandise de tout le corps, pieds, yeux ; nez, gourmandise de tout l’être. Les Jardiniers en sont les cuisiniers, les musiciens les oiseaux et les acteurs les promeneurs. Ce promeneur est l’acteur du parc et le seul type de spectacle qui lui convienne doit se situer sur un rapport d’égalité entre les artistes et cet acteur, un rapport de gens qui conversent, échangent et se détendent ensemble.

 

Le parc est un de ces endroits rares dans la vie de l’homme où il aille sans but précis, sans attente bien définie ; un lieu de perdition agréable. C’est un lieu où l’on passe du temps sans passer le temps, un endroit où le corps humain retrouve l’horloge de la nature, cette horloge du corps qui n’est celle ni de la rue ni de la maison. Dans le parc l’homme se souvient qu’il est une créature terrestre et seule la nature a les mots pour lui dire.

 

Il serait triste qu’il faille être cultivé pour jouir du parc, triste parc que celui qui nécessite un mode d’emploi ! Cela voudrait dire que la nature doit délivrer un message univoque alors qu’elle en délivre des milliers dont on ne déchiffre que des parcelles. Avec ces matériaux très concrets que sont les végétaux et les minéraux, l’Art des jardins délivre un des messages les plus abstraits qui soient, proche de la musique où le son charme sans signification précise car une plante n’est pas un mot, ni le parc un livre. Nos prédécesseurs ont formé des parcs à l’image des rêves et des fantasmes de leur société, domination du sujet nature, surprise anglaise et fausses rivières sauvages. L’homme ne peut s’empêcher de vouloir guider ses semblables pour le mettre en accord avec ses pensées, mais fort heureusement l’inculture du public le rend assez imperméable à ces suggestions.

 

La notion de plaisir reste toujours dominante dans le parc, plaisir de la vie libre, de se dégourdir les jambes, de jouer, plaisir d’être à son gré. Avec la pression qui pèse sur l’inquiétude climatique émergent de nouvelles raisons qui poussent le public vers la verdure. Par l’urgence de la situation climatique l’homme se penche vers les végétaux comme pour apprendre quelque chose d’eux ; il semble que ce soin soit un dû que l’homme s’impose, mû probablement par sa mauvaise conscience. Cette prise de conscience attachée au végétal est un moment unique dont les jardiniers doivent prendre pleinement acte et l’utiliser activement ; quel homme de théâtre ou musicien ne rêverait-il pas que la puissance du son soit absolument indispensable au bien-être de ses congénères ?

L’art des jardins en est là où l’homme va interroger le parc comme un lieu essentiel à la vie et ce phénomène est si puisant que personne ne l’explicite clairement ; c’est une révolution que l’on approche par les mots d’écologie, de développement durable et diverses périphrases plutôt vagues qui véhiculent des concepts et ne parlent pas assez des besoins.

Ce besoin de nature n’est pas l’apologie du « cadre de vie » qui sous entend le côté agréablement pictural de la chose sans relation réelle avec le vivant ; une appréciation d’esthète assez étriqué pour se contenter d’un cadre. Là il s’agit non pas du cadre mais de la vie.

Nos contemporains vont devoir se passionner pour la vie des autres créatures et notamment les végétaux s’ils projettent de vivre eux-mêmes ; il se trouve que des hommes sont à la fois spécialistes et artistes de cet amour : les jardiniers, les botanistes, les forestiers ; ils vont se révéler des hommes essentiels dans les années qui viennent. Notre chance est que cette passion du végétal ne soit pas seulement une science mais aussi un art et que cet amour utile permette d’exprimer la sensibilité proprement humaine.

Reprenons notre promenade dans le parc, lieu de détente, paradis pour les enfants ; le seul point commun entre tous ces promeneurs est la volonté d’aller, de marcher sans but défini. La disponibilité d’esprit y est grande ; les limites physiques du parc, clôtures ou barrières, sont éloignées ; cette fluidité de l’espace brouille les repères habituels de l’habitat ou de la rue ceints de murs, elle permet de s’évader, d’être réceptif dans un large espace et cependant abrité, mis en réserve de la cité.

 

Mieux que la rue, le parc offre une unité de conception moins hétéroclite ; la rue s’est composée au gré des nécessités de la vie active alors qu’aucune nécessité ne presse le parc, cela lui permet de développer une plus grande unité et une plus grande liberté. La rue qui est passante est formée de structures immobiles, le parc passant a des structures fixes et mouvantes à la fois, en évolution qui abritent l’art le mieux partagé.

 

 

 

L’attente du public dans le Parc

 

 

Le public est absolument désintéressé en se rendant dans le Parc ; il y attend une sorte de plaisir que l’on appelle détente et qui est lié à l’abandon, à la vacuité de l’esprit, à une disponibilité d’esprit tout à fait exceptionnelle. Non qu’il soit dénué de tout désir, bien au contraire, mais il n’attend pas du parc de rebondir d’un pôle d’attraction à un autre comme pourraient le susciter les diverses boutiques d’une rue.

 

Il y a des moments différents dans le parc mais la déambulation calme fait qu’ils s’enchaînent naturellement sans créer de tension consumériste du plaisir. On peut dire que cette jouissance esthétique est liée au bien-être physique et au rythme lent du corps qui ponctue les sensations presque insensiblement.

Le temps dans le parc acquiert une continuité, il n’est pas divisé par les obligations de la vie courante, il s’étale, il s’étend, il continue sa vie autonome après notre passage. Rentrer dans le parc c’est rentrer dans cet autre temps, une autre palpitation vitale qui s’impose à nous et que l’on déclare naturellement vouloir suivre. Le parc est aussi le lieu familial par excellence de rencontre, de jeu, de partage, de liberté dans l’échange humain ; il n’est pas seulement lieu de plaisir. Il peut être lieu de souffrance, le déclin du végétal ou le spectacle de sa mort, le lieu de l’amour passager et de la rupture. C’est un lieu de vie et donc de mort mais la mort y est manifestement absorbée par le cycle renouvelé de la vie ; c’est aussi un haut lieu d’apprentissage.

 

Que du parc le public n’attende rien de précis, c’est sa grande chance ; le parc offre de la beauté gratuite, de la générosité permanente et cette gratuité est un des éléments de la liberté du parc : lieu ouvert, hors les murs, lieu de refuge, d’existence protégée. Tandis que la rue canalise et génère parfois de la brutalité, de l’activité intense, le parc accompagne la rêverie ; ses sentiers détournés s’opposent aux lignes droites et utiles de la rue.

Le parc est inutile au sens productif de l’activité, il n’est l’objet d’aucune transaction (que pourrait-on acheter dans le parc ?) d’aucun produit matériel. L’usage du parc est de remettre l’homme dans son entourage originel et de parier que cette retrouvaille, que de cette rencontre va éclore quelque chose de positif.

Sous nom de délassement la société accepte que ses membres passent du temps à ne pas la servir ; la belle diversité de la nature nourrit, inspire, donne des forces, rend meilleur et différent que ce que proposent les actions solitaires de l’homme et voici bien l’usage du parc : modifier l’homme dans le partage. L’homme évolue beaucoup en ne sachant pas ce qui lui arrive et il n’apprend jamais tant que lorsqu’il ne croit pas apprendre ; par le divertissement et le plaisir il est enseigné corps et esprit ensemble et d’une manière plus indélébile que dans la théorie et l’obéissance. On parle de l’école de la vie et l’école de la nature est bien la toute première.

Le parc se définit autant par la vie sociale que l’on y mène que par l’organisation de ses végétaux ; il est toujours le reflet d’un modèle social imprimé dans la nature. L’évolution d’idées que Chaumont sur Loire a créée dans l’usage de végétaux jusqu’alors méprisés doit s’accompagner d’un usage renouvelé du parc. Le parc n’est pas un tableau mais un organisme vivant ; promenades, jeux, divertissements, découvertes botaniques sont aussi le parc. Le public ne va dans le parc ni pour être absolument isolé ni entouré ; je pense surtout que la mise en situation de la rencontre est toute autre : croiser une femme au coin d’une rue ou au détour d’une allée, ce sont deux rencontres, deux contacts différents. Peut-être l’espace naturel qui nous entoure nous rend-ils plus tolérants les uns aux autres, l’intrusion disparaît au profit de la rencontre.

Le parc renouvelle le regard et la sensation aux autres ; les codes sociaux s’éloignent et l’humanité de chacun devient plus perceptible. Dans cet esprit la notion de surprise au parc est essentielle ; elle seule répond favorablement à la disponibilité d’esprit du public. On peut encore dire que le parc est naturellement un lieu de spectacle où la mise en scène de la nature est le propos ; la promenade de l’homme dans ce jardin est pareillement un spectacle ; l’homme vit un instant dans le jardin comme un arbre, évoluant, passager, goûteur, profiteur. Le promeneur regarde la nature qui l’observe, l’arbre se promène dans le parc…

 

Je suis frappé que les endroits faits pour, organisés pour donner un spectacle en parc soient un échec car ils contraignent l’écoute en contraignant l’œil par leur disposition préconçue. Ils ne sont pas accueillants ; le public cherche surprise dans le parc et non ce à quoi il doit s’attendre ; la sensation de détente est diminuée par la projection et sa pré-organisation : se promener, c’est voguer dans le parc.

Publié dans Le mot du président

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